A l'heure des remises de prix on a coutume de compter les
médailles.
Peu de français : Gainsbourg (aussi
british que français), Manu Chao (aussi
sud-américain que français) et c'est tout. Et
Air, c'est du poulet ? Virgin
Suicide est passé à 2 doigts mais
non sélectionné car trop écouté,
l'album n'a pas bien tenu la durée (ce qui n'est pas
le cas pour la plupart des albums sélectionnés,
qui ont su tenir la route avec les écoutes et les années).
Nous pouvons distinguer 2 grandes catégories : les
choix qui s'apparentent à des petites madeleines bien
perso (Supertramp, Police,
Musical Youth, Eels...)
et les choix qui s'imposent d'eux mêmes (Keith
Jarrett, Massive Attack, Radiohead,
Gainsbourg...).
Malgré un élitisme assumé et revendiqué,
peu de disques qui figurent ici sont à coucher à
la belle étoile, même si certains auront beaucoup
de mal à l'écoute de Jeff Mills,
de Tricky ou encore d'Aphex Twin.
Le côté élitiste se trouve plutôt
dans le nombre important de "concept album" dans
ma liste. Par "concept album" il faut entendre album
s'écoutant de bout en bout, qui raconte une histoire.
OK Computer, L'Homme
à tête de chou, What's
Going On, Daisies of the Galaxy
sont quelques exemples. Il y a de l'élitisme dans le
"concept album" puisqu'il s'oppose au hit, au single
(= petite perle isolée, bien taillée, qui se
suffit à elle-même et qui fait vendre des disques)
Alors voilà : Ils sont venus, ils sont tous là.
D'autres sont à venir : il s'agit d'oublis facheux
ou de "rencontres" qui ne se sont pas encore faites.
Pour ces "autres", je compte sur vous pour venir
me rappeler à l'ordre et me jeter des "Et Led
Zeppelin ? C'est les mecs qui jouaient avec Bézu
(paix à son âme) ou c'est le meilleur groupe
de la planète terre ?", ou des "Pourquoi
il y a pas un seul groupe de death-metal ?".
Je souhaiterais à terme pouvoir donner la possibilité
à tout le monde de créer la discographie de
leur vie. Dans mon cas, ça m'a permis de "grâver"
des souvenirs personnellement forts mais susceptibles de s'effacer
avec le temps. C'est ce dont je me suis aperçu en finissant
par mélanger un peu toutes les années.
La démarche est strictement personnelle mais j'espère
que vous y trouverez quelque intérêt.
Police
(IPC : 3/5) Avec un nom comme "Police" ça
ne peut être qu'un truc qui t'es imposé, que
tu subis. Cette (bonne) musique on me l'a comme imposée
: j'avais 5 - 6 ans.
Je peux le dire aujourd'hui : j'ai plus que surécouté
Police. La K7 avait d'ailleurs fini par imploser dans le lecteur
de la BMW, achevé par les incessants avant-arrière,
face A-face B. Un vrai drame familial.
Plus tard, mon légendaire talent de découvreur
de stars émergentes m'avait fait voir en Stewart
Copeland le meilleur batteur que le monde n'ait jamais
connu (disons que je n'aie jamais connu). A noter que le français
Richard Kolinka (Téléphone
est un autre grand souvenir de l'époque) n'est pas
non plus du genre à jouer avec un bras dans le platre.
The Beatles
(IPC : 4/5) Le plus vieux groupe du "classement",
avec Floyd et le Velvet.
Mes parents avaient le double blanc, le double bleu
et le double rouge.
Je me souviens que quand j'étais môme je m'imaginais
que je jouais avec les Beatles sur The fool on
the Hill mais pas de la guitare ou du piano
: avec les Beatles je jouais la partie pipeau. Très
con non ? Un souvenir et un truc que j'ai longtemps préféré
garder pour moi...
Le côté "groupe à papa-maman",
le sentiment d'un manque cruel de subversion et surtout le
succès planétaire du groupe m'ont longtemps
tenu à l'écart des Beatles.
Puis, j'ai découvert qu'il fallait beaucoup de talent
pour plaire à tout le monde et que les Beatles ne se
résumaient pas à l'approche mélodique
de Mac Cartney...
Je ne connaissais pas le clip ci-après mais c'est assez
réjouissant. Mac Cartney, dans la scène juste
après mon "pipeau" a une tête de mec
vraiment content.
Supertramp
(IPC : 3/5) Quand j'écoute Supertramp j'ai l'impression
d'être mort ou d'avoir eu une vie antérieure.
Sinon ça va...
Supertramp me fait un effet bizarre. Ce groupe me
plonge dans une mélancolie profonde, même avec
les airs les plus gais.
Supertramp pour moi c'est l'insouciance, la jeunesse, les
possibles mais aussi... le temps qui passe...
Je m'estime encore aujourd'hui incapable de réécouter
un album entier de Supertramp. Et pourtant je trouve ça
très bon.
Natural Youth
: Pass the Dutchie (IPC : 2/5 - Date de sortie : Septembre
1982) 10 ans avant NTM, Natural
Youth chante "Passe le oinj'" (y'a du monde
sur la corde à linge).
A l'époque je ne comprenais pas que ces jeunes
enfants de 8-12 ans chantant "Pass the Dutchie on
the left hand side" voulaient dire "Passe le
joint (the Dutchie veut dire "le petit Hollandais")
par la gauche". Je suis pas sûr que ça
ait bien vieilli, quoi que.
Ici pas de gangstar rap mais des minis-nabots qui jouent
de la mini-guitare ou tapent sur une mini-batterie. Un
groupe mineur de mineurs... Je vous avais prévenu
: cette histoire de la musique est subjective.
Herbie
Hancock : Rockit (album Future Shock) (IPC : 3/5 - Année
de sortie : 1983) Le premier succès commercial rap : Herbie
Hancock (légende on ne peut plus jazz) et Bill Laswell
(un des précurseurs de l'electro).
Pour la première fois, une platine de disque devenait
un instrument à part entière.
Je me souviens d'un spectacle de danse hip-hop organisé
avec les cousins-cousines pour les noces d'or de mes grands-parents.
Il faudrait que je remette la main sur la vidéo, ça
pourrait être assez cocasse...
Je me souviens aussi, toujours les dimanches chez mes grands-parents,
de l'émission de Sidney : H.I.P H.O.P. C'est ensuite le pianiste de Miles Davis
puis l'album HeadHunters qui m'ont
fait revenir à Herbie Hancock.
Petite devinette pour les érudits rock : connaissez-vous
le point commun entre Rockit d'Herbie
Hancock et Just Like Heaven des
Cure ?
Ces 2 titres ont servi de générique aux Enfants
du Rock.
Mickael
Jackson : Thriller (IPC : 3/5 - Date de sortie : 1er décembre
1982) Réécoutez Billy Jean. "Mama
always told me : be careful who you love" ("Maman
m'a toujours dit : Fais gaffe à qui tu aimes").
Tu m'étonnes...
Une tuerie d'album. 104 millions d'albums vendus, le plus
gros succès de tous les temps paraît il.
Un album produit par Quincy Jones.
Le Jackson nous a pété son cable depuis pas
mal d'années mais difficile d'oublier le mec qui
faisait des tours sur lui même déguisé
en zombie. Mortel.
TRACKLIST :
Wanna Be Startin' Something / Baby Be Mine / The Girl Is
Mine (feat. Paul MacCartney) / Thriller / Beat It / Billie
Jean / Human Nature / Pretty Young Thing / The Lady In My
Life
Vous serez sans doute d'accord avec moi, il y a
mieux que le clip Thriller de Bambi : la version indienne
! COLIMAR-MAR-MAR-MAR-MAR.
Les Enfants
du Rock (IPC : 4/5) On est les enfants de la crise pétrolière
mais aussi et surtout les Enfants du Rock.
Une émission créée par Lescure
où l'on pouvait voir De Caunes, Chabat,
Jackie, Bernard Lenoir dans
des dégaines punk-rock mal dégrossies. Quand
on voit ce qu'on devient...
Ce n'est bien sûr pas un album mais je ne pouvais pas
passer à coté des Enfants du Rock dans ce listing
tant cette émission à compter dans mon "éducation
musicale". J'étais peut être un peu jeune
pour tout capté, dommage.
On pourrait comparer Les Enfants du Rock à Trax
aujourd'hui mais dans les Enfants du Rock il y avait moins
de reportages sur le trash métal musette roumain.
The
Cure : The Head on the Door (IPC : 3/5 - Date de sortie :
13 août 1985) Bienvenue dans le côté obscur de
la force.
C'est bien aussi pour ça d'avoir un grand frère.
Pour l'année je ne suis pas sûr mais je sais
que c'est mon frère qui m'a fait découvrir Cure,
chose qu'il réfuterait peut être aujourd'hui.
C'est bien sûr le Barnum maquillé qui m'a d'abord
attiré et les titres les plus pops. Pour la mélancolie
complaisante il faudra encore attendre quelques années
et quelques boutons d'acnée (très peu malgré
tout, pour ma décharge).
TRACKLIST :
Inbetween Days / Kyoto Song / The Blood / Six Different Ways
/ Push / The Baby Screams / Close to Me / A Night Like This
/ Screw / Sinking
Lou
Reed : Transformer (IPC : 4/5 - Date de
sortie : Novembre 1972) Années lycées. J'ai besoin de déviant...
Et p'is t'façon c'est tous des cons et ils font rien
qu'à rien comprendre.
J'avais 14 ans. A cette époque je me souviens avoir
changé jusqu'à mon écriture : c'est
vous dire si ça bouillonnait. Je faisais mes "a"
comme des "3". Du coup ça plaisait pas
trop et on me comprenait pas. C'était comme ça
pour l'écriture mais aussi pour tout ce que je faisais.
Bref, c'est une autre histoire.
C'est par le biais de l'actuel chef de cabinet de Nicolas
Sarkozy que j'ai découvert Lou Reed. Ca ne s'invente
pas... C'était un vinyl, super pochette, cérémonial
religieux pour jouer le disque.
C'est l'album qui a sauvé Lou Reed. Bowie
est aux manettes. Que du bon...
J'ai eu tendance à bloquer au début sur Walk
on the Wild Side, gros succès et pourtant
titre "rugueux" parlant d'une prostituée
qui se se prend pour James Dean, d'une nana qui taille des
pipes dans un backroom...
TRACKLIST :
Vicious / Andy's chest / Perfect day / Hangin' round / Walk
on the wild side / Make up / Satellite of love / Wagon wheel
/ New york telephone conversation / I'm so free
The
Cure : Desintegration (IPC : 5/5 - Date de
sortie : 1er mai 1989) Plus qu'un album
: c'est un chagrin d'amour à lui tout seul...
Desintegration c'est de la quintescence de Cure. On y retrouve
le Cure des débuts, bien sombre, mais aussi le Cure
pop du milieu des années 80.
Desintegration m'a permis un voyage à rebours dans
la dicographie des Cure. Je me suis arrêté particulièrement
à la trilogie Faith, Pornography,
Seventeen Seconds. Après
Desintegration, The Cure jouera à faire du Cure sans
vraiment trop chercher à faire avancer la machine.
TRACKLIST :
Plainsong / Pictures of You / Closedown / Lovesong / Last
Dance / Lullaby / Fascination Street / Prayers for Rain /
The Same Deep Water as You / Desintegration / Homesick / Untitled
1990 :
I wear black on the outside,
'cause black is how I feel on the inside
The
Smiths, Strangeways here we come (IPC : 4/5 - Date de sortie
: 29 septembre 1987) J'ai écouté cet album, le dernier
sorti par les Smiths, en boucle, jusqu'aux vomissements.
Là aussi, c'est le grand frère qui
m'a fait découvrir les Smiths (avec l'album Meat
is Murder).
L'émission de Lenoir sur Inter que
j'écoutais dans mon repère (grenier chez mes
parents) a pris le relais.
Les Smiths m'ont initié à la pop indépendante
anglaise. Ils m'ont aussi conforté dans ma dégaine
de petite frappe romantique peu rassurée par le monde
comme il va.
TRACKLIST :
A rush and a push and the land is ours / I Started Something
I Couldn't Finish / Death of a disco dancer / Girlfriend in
a coma / Stop me if you think you've heard this one before
/Last night i dreamt that somebody loved me / Unhappy birthday
/ Paint a vulgar picture / Death at One's elbow / I won't
share you
The
Velvet Underground : V.U(IPC : 5/5 - Date
de sortie : Février 1985) La Factory s'étaient mes Feux de l'Amour à
moi. Qui couche avec qui ? Qui a trahi qui ? Qui s'est jeté
par le fenêtre ? A chacun ses rêves de glamour...
Je retrouve Lou Reed en 1990 avec le Velvet Underground.
Le visionnage de Christiane F., droguée,
prostituée (Trainspotting
allemand de 1981) m'avait fait découvrir le Bowie
de Heroes. Je ne connaissai alors
que le Bowie cocaïné des années 80 et
de Let's Dance... Par le Bowie
de ce film et un pote un peu tapé de l'époque
j'ai découvert le Velvet.
Ma fascination pour le Velvet allait être sans bornes.
Je me suis intéressé à tout l'univers
du groupe (Andy Wahrol et sa Factory, dont
je connaissais chacun des membres).
J'ai trouvé en V.U un mix entre les chansons plaisantes
de The Velvet Underground and Nico
(le 1er album) et le grand n'importe quoi de White
Light, White Heat. V.U n'est pas vraiment
un "album" mais plutôt une "compilation"
sortie en 1985 et composée de chutes de studio. Dans
Temptation inside your heart
par exemple, on les entend se mettre des claques dans la
gueule ou annoncer à voix haute le nom du prochain
accord. Pas très pro tout ça...
TRACKLIST :
I can't stand it / Stephanie says / She's my best friend
/ Lisa says / Ocean / Foggy notion / Temptation inside your
heart / One of these days / Andy's chest / I'm sticking
with you
Nirvana
: Nevermind(IPC : 3/5 - Date de sortie :
24 octobre 1991) Ma génération
aura eu son Nevermind the bollocks 14 ans après, sans
les bollocks.
Les gueulards n'étaient pas anglais mais américains.
Je crois que je n'ai pas écouté en boucle Nevermind,
sauf en 1997 à Londres où l'accueil de l'hotel
l'a passé en boucle pendant 1 mois (c'était
l'Unplugged, pas Nevermind, sorry).
J'étais surtout intéressé je crois par
l'attitude de Nirvana, les cheveux sales et l'allure dépouille.
La musique ne m'a pas spécialement touché. L'énergie,
plus...
TRACKLIST :
Smells like teen spirit / In bloom / Come as you are / Breed
/ Lithium / Polly / Territorial pissings / Drain you / Lounge
act / Stay away / On a plain / Something in the way
Massive
Attack : Protection (IPC : 5/5 - Année
de sortie : 1994) Attention : 2ème attaque massive après Blue
Lines de 1991 (quelques mois après la fin
de notre Vietnam, la guerre du Golfe) et nouvelle révolution
musicale.
Un album que je place subjectivement à la même
hauteur qu'OK Computer.
1994 c'était ma première année à
Lyon autant dire la "liberté". Cette liberté
c'était de quitter le cocon familial pour mordre la
vie des adultes à pleines dents... Seulement qu'on
a l'impression d'avoir les dents toutes niquées rien
n'est très facile (très jolie métaphore
dentaire). Le son de Protection reste pour moi le son de ce
foetus qui se refuse à sortir le bout de son nez.
J'ai été d'ailleurs surpris de découvrir
le clip de Teardrop des années
après. Il retranscrit cette impression que j'avais
à l'écoute de la musique.
Massive Attack reste aussi l'un de mes meilleurs concerts.
TRACKLIST :
Protection / Karmacoma / Three / Weather Storm / Spying Glass
/ Better Things / Eurochild / Sly / Heat Miser / Light My
Fire
Pink Floyd : Dark Side
of the Moon (IPC : 4/5 - Date de sortie : 24 mars 1973) Concert de Pink Floyd à Lyon, appartement
de Krinkrin et François à Sans-Soucis...
Souvenirs de virées tout seul dans les bois pour
aller chercher des champignons (comestibles).
Une anecdote dispo dans le "En savoir plus ":
"The Great Gig in the Sky
est une improvisation de Clare Torry
à qui le groupe avait donné comme seules
indications avant d'enregistrer : « Pense à
la mort, à l'horreur, et chante. » Elle a
enregistré rapidement et a présenté
ses excuses en sortant car elle pensait avoir mal chanté,
alors que les 4 membres du groupe avaient tous trouvé
la prestation fantastique."
Le morceau On the Run semble
quant à lui parachuté dans l'album comme
un anachronisme. Si c'est pas de la techno je m'appelle
Haroun Tazieff.
TRACKLIST :
Speak To Me / Breathe In The Air / On The Run / Time /
Great Gig In The Sky / Money / Us And Them / Any Colour
You Like / Brain Damage / Eclipse
Ben
Harper : Fight for your Mind (IPC : 4/5 - Date de sortie :
15 juillet 1995) Ben Harper c'est la musique, les copains, le
feu de camp...
Un truc qui me fait regretter de pas mieux parler anglais.
God Fearing man c'est à
la fois l'homme craignant Dieu et Dieu craignant l'homme.
Une poésie simple avec plein de sens derrière.
Les vacances, le bateau de captain Piou,
la jeunesse insouciante, le bonheur.
Ben Harper est sans doute le seul avec Marvin Gaye
et quelques reggae-men (Bob l'Eponge, Alpha
Blondy...) a pouvoir chanter le pouvoir de la BIble
sans que je me barre en courant. That's the power
of Gospel.
TRACKLIST :
Oppression / Ground On Down / Another Lonely Day / Please
Me Like You Want To / Gold To Me / Burn On Down / Excuse Me
Mr. / People Lead / Fight For Your Mind / . Give A Man A Home
/ By My Side / Power Of The Gospel / God Fearing Man / One
Road To Freedom
Goldie
: Timeless (IPC : 3/5 - Année de sortie : 1995) La musique prend corps. Longtemps cantonné
à la musique pour cerveau, je m'ouvre progressivement
à la musique qui tape et qui danse.
Un nouveau son : la jungle (aujourd'hui on dit drum'n
bass). Découverte d'un son anglais entre le boum-boum
et le neurasthénique, en bien boum-boum tout de même
(je suis pas clair ???).
Goldie sera l'un des techniciens "Recherche et Développement"
de Bjork, un de ses hommes de l'ombre qui
ont contribué à créer le phénomène.
TRACKLIST :
Timeless / Saint Angel / State of mind / Sea of tears / Angel
/ Sensual / Keistry / You & me
Bjork
: Debut / Post (IPC : 4/5 - Dates de sorties : 18 novembre
1993 et 31 mai 1995) L'homme-machine mutant de Kraftwerk s'est transformé
en nymphette androïde et femme originelle, et ça
c'était nouveau.
Les Sugarcubes étaient venus à
mes oreilles 4 ou 5 ans avant. Je crois que j'avais trouvé
ça un peu trop barré pour moi. La musique ne
m'accrochait pas vraiment (un peu trop 80's, un peu trop "arty")
et la chanteuse qui gueule en islandais : bof.
Quelques années, Bjork revient toute seule et là...
Ce n'est pas 10 lignes que l'on pourrait écrire mais
un bouquin. Post a révolutionné, comme l'ont
fait à mes yeux Massive Attack et
Radiohead la "pop" des années
90 en détruisant les chapelles Rock, Techno, etc. en
créant ce que l'on peut appeler pompeusement un cross-over
musical. On appelle ça aujourd'hui de l'électro.
Un vrai univers musical, alimenté par des clips hyper-créatifs
(Gondry était notamment de la partie)
mêlant technologie et simplicité, sophistication
et dépouillement.
TRACKLIST DEBUT :
Human Behaviour / Crying / Venus as a Boy / There's More to
Life Than This / Like Someone in Love / Big Time Sensuality
/ One Day / Aeroplane / Come to Me / Violently Happy / The
Anchor Song / Play Dead
TRACKLIST POST :
Army of Me / Hyper-Ballad / The Modern Things / It's Oh So
Quiet / Enjoy / You've Been Flirting Again / Isobel / Possibly
Maybe / I Miss You / Cover Me / Headphones
Jeff Buckley : Grace(IPC : 4/5 - Date de sortie : 23 août 1994) "Aimons-nous vivons, n'attendons pas que la mort
nous donne du talent"
Là encore je suis loin d'être sûr de
l'année. C'était entre 1994 et 1997 mais
j'ai choisi 1997 (allez savoir pourquoi...).
Le poète-comique troupier qui répond au
nom de François Valery (à
ne pas confondre avec le sirupeux mouille-culotte des
clubs du troisième âge Frederic François)
disait :
"Aimons-nous vivons, n'attendons pas que la mort
nous donne du talent".
Je dis "oui". Dans le cas de Jeff Buckley, la
mort a offert une oeuvre inachevée, fulgurante
et lui a par le fait donné du talent : en un seul
et unique album la messe était dite. A l'heure
où l'on perdait sa trace je chassais la loute,
animal sauvage que je conserve encore aujourd'hui dans
mon garde-manger (Jean-Marie Bigard ?
C'est toi ?).
Grace a été comme un rappel à l'ordre
récurrent qui vous dit qu'on est d'ailleurs (Pierre
Bachelet). Jeff Buckley était d'ailleurs,
poussière d'ange à la voix d'ange. Un mélange
de rock énervé, de lyrisme, d'espoir, d'amour,
de rage. Tout est là.
TRACKLIST :
Mojo Pin / Grace / Last Goodbye / Lilac Wine / So Real
/ Hallelujah / Lover, You Should`ve Come Over / Corpus
Christi Carol / Eternal Life / Dream Brother
Radiohead : OK Computer(IPC : 5/5 - Date de sortie : 16 juin 1997) Plus qu'un album : un jus de cerveaux malades et touchés
par la grâce...
J'ai un souvenir "vaguement précis" de la
première fois où j'ai entendu OK Computer :
c'était sur sur un champs, près de Villefranche
sur Saone (Arnas). Je ne me rappelle plus trop de l'impression
ressentie, c'est étrange. Je crois que je suis tout
simplement passé à côté. C'est
ce qui fait l'essence pour moi d'un bon album (ou d'un bon
morceau) : on passe toujours à côté. Et
puis on y retourne 1, 2, 3 fois et là on commence à
accrocher.
Quelques autres raisons qui font qu'OK Computer ne connait
pas d'égal à mes yeux :
+ Un album qui s'écoute du début à la
fin, sans zapper une seule chanson.
+ Un album que l'on "comprend", sans pour autant
percevoir le moindre mot (Thom Yorke, tout comme Robert
Smith, parle un anglais "martien").
+ Un album qui paraît avoir toujours existé tout
en ne ressemblant à aucun autre. Bjork,
dans The Modern Things, parle du
progrès. Les inventions technologiques ont toujours
existées, dans une montagne reculée, attendant
leur moment pour surgir dans le monde des hommes. C'est fumeux
mais c'est ce que je ressens...
+ Un album où l'on peut découvrir de nouvelles
choses, des nouveaux sons à la 1000eme écoute.
Sont-ce les souvenirs magiques que j'ai de cette époque
ou les qualités intrinsèques d'OK Computer qui
le rendent aussi unique ? Vu la quasi-unanimité de
l'opinon je pencherais bien entendu pour la deuxième
solution, et ce même si je me méfie de l'unanimité,
de l'opinon et de tout terme précédé
de "quasi".
Jamais vu en concert (Yorke + Greenwwod mais pas Radiohead
au complet). Je crois que l'approche rock et pêchue
qu'impose une prestation scénique ne sied pas au Radiohead
qui me plaît (= des chercheurs de studio).
TRACKLIST :
Air bag / Paranoid Android / Subterranean homesick alien /
Exit music (For a film ) / Let down / Karma police / Fitter
happier / Electioneering / Climbing up the walls / No surprises
/ Lucky / The tourist
Manu
Chao : Clandestino (IPC : 3/5 - Date de sortie
: Avril 1998) Album qui nous invite au
voyage, en passager clandestin.
C'est l'été à Paris. J'habite Paris depuis
1 an seulement et je déménage (en taxi, avec
2-3 sacs) pour le quartier de Belleville.
Brassage, métissage, radio Latina et Manu Chao.
Il m'arrive un peu moins aujourd'hui de penser que le monde
est un grand village et qu'on est tous frères, et ça
c'est dommage... A l'époque, Clandestino était
certes un album "bobo" (crédibilité
punk-rock de Manu Chao + sensibilité gauchiste sud-américaine
+ mélodies calmes et plaisantes beaucoup plus apaisées
que celles de la Mano Negra). Avouons tout
de même que c'est quand même nettement mieux que
Bénabar (mmmmmhhhhh) ou Cali
(mmmmmmmmhhh, toi je t'aime aussi).
Dans la lignée à l'époque il a eu aussi
Llhasa.
TRACKLIST :
Clandestino / Desaparecido / Bongo Bong / Je ne t'aime plus
/ Mentira... / Lagrimas de oro / Mama Call / Luna y sol /
Por el suelo / Welcome To Tijuana / Dia Luna... Dia Pena /
Malegria / La vie à 2 / Minha Galera / La Despedida
/ El viento
1999 (Nous rentrons dans les années où les choix
se font plus difficiles.
Pas toujours le recul nécessaire pour bien choisir. On
tente le coup tout de même...)
Eels
: Electro Shock Blues (IPC : 4/5 - Date de sortie : Septembre
1998) Ce truc c'est un carnet de bord mental, les hauts
et les bas d'un mec confronté de près à
la mort.
J'aime définitivement beaucoup les "Concepts
Albums". L'album a été écrit alors
que la mère du chanteur venait d'être emportée
par un cancer et que sa soeur venait de se suicider... L'album
est pourtant loin d'être glauque. S'écoute de
bout en bout.
TRACKLIST :
Elizabeth on the Bathroom Floor / Going to Your Funeral, Pt.
1 / Cancer for the Cure / My Descent into Madness / 3 Speed
/ Hospital Food / Electro-Shock Blues / Efils' God / Going
to Your Funeral, Pt. 2 / Last Stop: This Town / Baby Genius
/ Climbing to the Moon / Ant Farm / Dead of Winter / Medication
Is Wearing Off / P.S. You Rock My World
Gainsbourg
: L'Homme à tête de chou(IPC
: 4/5 - Année de sortie : 1976) Cet
album aurait pu être écrit par le Rimbaud d'Une
Saison en Enfer.
Je ne me souviens pas trop de l'année. C'était
peut être avant mais peu importe. La chose principale
à dire à propos de cet album c'est que Gainsbourg
il est quand même gonflé d'avoir tout piqué
à Air (écoutez notamment le
son de basse).
Gainsbourg nous y raconte la fin d'une petite shampooineuse,
Marylou, disparue sous la neige carbonique d'un extincteur
d'incendie.
Petite j'te sors ce soir OK ?
Elle a d'abord un petit rire comme un hoquet,
Puis sous le sirocco du sechoir dans les cheveux,
La petite garce laisse choir, je veux.
TRACKLIST :
L'homme à tête de chou / Chez Max coiffeur pour
hommes / Marilou reggae / Transit à Malibu / Flash-Forward
/ Aéroplanes / Premiers symptômes / Ma lou Marilou
/ Variations sur Marilou / Meutre à l'extincteur /
Marilou sous la neige / Lunatic Asylum
Marvin
Gaye : What's going on ?(IPC : 4/5 - Date
de sortie : 21 mai 1971) Marvin Gaye
était pentecotiste, très croyant. What's going
on c'est le questionnement d'un homme déchiré
entre d'un coté l'amour de l'homme, l'amour du divin,
et de l'autre la conscience que le monde se barre en sucette.
Ca ne surprendra personne : c'est un concept album... Un
vétéran de la guerre du Vietnam revient au
pays et parle de la misère sociale qui y règne.
Le Marvin Gaye d'avant, celui qui chantait de la croone
sirupeuse, je n'ai jamais trop accroché. Quand ça
devient plus glauque, plus pessimiste réaliste, là
ça me branche... Une espèce d'OVNI dans le
paysage Rhythm and Blues soul et groovy des productions
de la Motown.
TRACKLIST :
What's Going On / What's Happening Brother / Flyin' High
(In The Friendly Sky) / Save The Children / God Is Love
/ Mercy Mercy Me (The Ecology) / Right On / Wholy Holy /
Inner City Blues (Make Me Wanna Holler)
The
Streets: Original Pirate Material (IPC :
4/5 - Date de sortie : 25 mai 2002) The
Streets ou la gnaque dans le desespoir
Une année de chomage je crois.
L'accent "cockney" (prolo de l'est de Londres) du
chanteur me rappelle toujours Londres (été 1997)
et cet anglais déjanté tout droit sorti de Trainspotting.
Hyper speed, il ne vivait que pour la nuit et se balancer
des cachetons.
J'ai écouté cet album en boucle en 2005 également,
notamment parce qu'il se révèle être un
très bon compagnon de métro. Pêchu et
bizarre comme la vie urbaine (Richard Bohringer, sort immédiatement
de ce corps). J'ai beaucoup écouté Original
Pirate Material en revenant du boulot. Un exécutoire
pour toutes les frustrations et les non-dits de la journée.
Les anglais ont le quasi monopole de la bonne pop indépendante.
On connait en revanche moins le rap qui vient de là-bas,
inondé que l'on est par le rap US. Avec The Streets,
c'est un autre côté de la musique populaire anglaise
que je découvrais, notamment le 2step / Garage (rythme
"club" démocratisé et vulgarisé
par Artfull Dodger ou Craig David).
Comme la plupart des disques qui ont "changé ma
vie", Original Pirate Material ne souffre aucune étiquette.
Rap, 2Step, reggae, rock s'y mêlent, se croisent mais
ça s'arrête là.
TRACKLIST
:
Turn The Page / Has It Come To This? / Let's Push Things Forward
/ Sharp Darts / Same Old Thing / Geezers Need Excitement /
It's Too Late / Too Much Brandy / Don't Mug Yourself / Who
Got The Funk? / Irony Of It All / Weak Become Heroes / Who
Dares Wins / Stay Positive
Gonzales
: Solo Piano(IPC : 3/5 - Date de sortie
: 14 septembre 2004) Gonzales et Keith
Jarrett : voilà comment je veux jouer du piano.
A Poitiers, maison ("bizarre") de Jean Luc. Le Jean-Luc
est DJ Korto le week-end, Jean-Luc tout court la semaine.
Son truc c'est plutôt l'electro pointue qui fait bouger,
la salsa, la blaxploitation et les raretés incroyables
des années 60's. Il passe ça un matin et la
"simplicité virtose" de Gonzales me parle
direct. Chopin, Eric Satie
sont de la partie.
Je découvrirai par la suite Feist
(produit par Gonzales) et PuppetMastaz (groupe
de rap qui n'est pas sans rappeler Gorillaz,
avec des poupées remplaçant les anims 3D).
TRACKLIST /
Gogol / Manifesto / Overnight / Bermuda Triangle / Dot / Armellodie
/ Carnivalse / Mesicheid / Paristocrats / Gentle threat /
The Tourist / Salon saloon / Oregano / Basmati / C.M. Blues
/ One note at a time
Mais aussi, dans un vrac joyeux et non exhaustif...
U2
: Bad (live Rattle and Hum)
C'est un peu con mais U2, comme Depech Mode,
reste trop lié à des conneries d'adolescent
trop timide... Et puis il y a un coté minet... vite
oublié par le charisme pop-star de la Boniche, qui
a délaissé les bretelles depuis ce concert (ce
qui est tout à son honneur).
Toujours dans Rattle and Hum, version gospel à tomber
de Still Haven't found...
Tricky :
Un concert vraiment très bon à la Mutualité,
hypnotique.
Un vrai subversif barré c'est assez rare, les majors
en produisent peu. Les rythmes ne tiennent pas droit et
il l'explique (très bien) à des mômes
à qui il donne un "cours" de musique dans
le très bon documentaire Naked Famous.
"Si tu suis le bip du métronome c'est pas intéressant"...
Aphex Twin : Windowlicker
Encore un vrai malade. Encore de la musique sans métronome.
Concernant le clip, il choquera à coup sûr
les oreilles sensibles, les âmes sensibles comme des
oreilles et au sens large toute personne normalement constituée.
Pour la musique, c'est après 4 minutes de "Mother
fucker niger bitch". Ne pas louper l'arrivée
du grand mongole.
Trip onaniste, auto-érotisme malsain 10000 fois plus
subversif qu'un bon vieux boulard. Le diable incarné.
Et si vos oreilles ont tenu le coup, il y a la version "nique
la vieille" avec "Come to Daddy" et toujours
Chris
Cunnigham à la réalisation : c'est
ici. Ici, les doubles érotiques sont remplacés
par des "mini-me" fouteurs de merde. La figure
christique de la fin est à gerber. Marylin
Manson doit apprécier.
Bright Eyes :
Mais terminons par une note épurée et légère
: c'est Bright Eyes, ou Robert Smith avec
une guitare folk. Du très bon. Tiens, j'avais oublié
de dire aussi que j'aime la folk toute simple de Neil
Young ou de groupes plus récents comme Grant
Lee Buffalo, Turin Brakes,
I AM KLOOT ou Matt Elliott.
Le clip colle bien avec la musique : une simplicité
efficace et à pleurer.
Gorillaz
: Demon Days
Ecoutage en boucle, claque graphique, super concept graphico-musical,
univers à part entière, tout ce qu'il faut.
Demon Days est passé à deux doigts de l'album
culte. Pourquoi ? Je crois que je n'aime définitivement
que le chiant introspectif. Je pense qu'il y a de ça.
Jeff
Mills :
J'ai toujours été incapable d'écouter
un album en entier. Et pourtant Jeff Mills m'a changé
ma vie (une rave en mars 1997 à Albertville est mon
dernier contact plus ou moins terrien avec l'animal). Grosse
influence aussi de son ciné-mix sur le Metropolis de
Fritz Lang (j'ai tenté le coup sur le Nosferatu de
Murnau, sans grand succès...)..
Regardez jouer le petit excité : il ne passe pas des
disques, il compose. Admirez le travail... Talent et humitité,
la classe.
La
techno de Chicago et de Détroit :
Check this out. Un doc très bien de la chaîne
Histoire sur les sources de la techno, musique purement inspirée
du disco américain et de l'électro européenne
(allemande).
Et comme vous avez été gentil(le)s et avez tout
lu jusqu'au bon, la totale en bonus :
DJ
Shadow :
Suivez DJ Shadow dans la cave de son disquaire préféré.
Des piles à perte de vue, les "incroyables archives
de l'Histoire de la Musique". De quoi composer de belles
mélodies hip hop qui tapent et qui font des films dans
la tête.