A l'heure des remises de prix on a coutume de compter les médailles.
Peu de français : Gainsbourg (aussi british que français), Manu Chao (aussi sud-américain que français) et c'est tout. Et Air, c'est du poulet ? Virgin Suicide est passé à 2 doigts mais non sélectionné car trop écouté, l'album n'a pas bien tenu la durée (ce qui n'est pas le cas pour la plupart des albums sélectionnés, qui ont su tenir la route avec les écoutes et les années).

Nous pouvons distinguer 2 grandes catégories : les choix qui s'apparentent à des petites madeleines bien perso (Supertramp, Police, Musical Youth, Eels...) et les choix qui s'imposent d'eux mêmes (Keith Jarrett, Massive Attack, Radiohead, Gainsbourg...).

Malgré un élitisme assumé et revendiqué, peu de disques qui figurent ici sont à coucher à la belle étoile, même si certains auront beaucoup de mal à l'écoute de Jeff Mills, de Tricky ou encore d'Aphex Twin. Le côté élitiste se trouve plutôt dans le nombre important de "concept album" dans ma liste. Par "concept album" il faut entendre album s'écoutant de bout en bout, qui raconte une histoire. OK Computer, L'Homme à tête de chou, What's Going On, Daisies of the Galaxy sont quelques exemples. Il y a de l'élitisme dans le "concept album" puisqu'il s'oppose au hit, au single (= petite perle isolée, bien taillée, qui se suffit à elle-même et qui fait vendre des disques)

Alors voilà : Ils sont venus, ils sont tous là. D'autres sont à venir : il s'agit d'oublis facheux ou de "rencontres" qui ne se sont pas encore faites. Pour ces "autres", je compte sur vous pour venir me rappeler à l'ordre et me jeter des "Et Led Zeppelin ? C'est les mecs qui jouaient avec Bézu (paix à son âme) ou c'est le meilleur groupe de la planète terre ?", ou des "Pourquoi il y a pas un seul groupe de death-metal ?".

Je souhaiterais à terme pouvoir donner la possibilité à tout le monde de créer la discographie de leur vie. Dans mon cas, ça m'a permis de "grâver" des souvenirs personnellement forts mais susceptibles de s'effacer avec le temps. C'est ce dont je me suis aperçu en finissant par mélanger un peu toutes les années.


La démarche est strictement personnelle mais j'espère que vous y trouverez quelque intérêt.

. Vous trouverez pour chaque album un IPC (Indice Personnel de Cultitude) ainsi qu'un lien pour en savoir un peu plus.

1975 - 1985 : The Early Years of the pipeau

Police (IPC : 3/5)
Avec un nom comme "Police" ça ne peut être qu'un truc qui t'es imposé, que tu subis. Cette (bonne) musique on me l'a comme imposée : j'avais 5 - 6 ans.

Je peux le dire aujourd'hui : j'ai plus que surécouté Police. La K7 avait d'ailleurs fini par imploser dans le lecteur de la BMW, achevé par les incessants avant-arrière, face A-face B. Un vrai drame familial.

Plus tard, mon légendaire talent de découvreur de stars émergentes m'avait fait voir en Stewart Copeland le meilleur batteur que le monde n'ait jamais connu (disons que je n'aie jamais connu). A noter que le français Richard Kolinka (Téléphone est un autre grand souvenir de l'époque) n'est pas non plus du genre à jouer avec un bras dans le platre.


 

The Beatles (IPC : 4/5)
Le plus vieux groupe du "classement", avec Floyd et le Velvet.

Mes parents avaient le double blanc, le double bleu et le double rouge.
Je me souviens que quand j'étais môme je m'imaginais que je jouais avec les Beatles sur The fool on the Hill mais pas de la guitare ou du piano : avec les Beatles je jouais la partie pipeau. Très con non ? Un souvenir et un truc que j'ai longtemps préféré garder pour moi...

Le côté "groupe à papa-maman", le sentiment d'un manque cruel de subversion et surtout le succès planétaire du groupe m'ont longtemps tenu à l'écart des Beatles.
Puis, j'ai découvert qu'il fallait beaucoup de talent pour plaire à tout le monde et que les Beatles ne se résumaient pas à l'approche mélodique de Mac Cartney...

Je ne connaissais pas le clip ci-après mais c'est assez réjouissant. Mac Cartney, dans la scène juste après mon "pipeau" a une tête de mec vraiment content.



Supertramp (IPC : 3/5)
Quand j'écoute Supertramp j'ai l'impression d'être mort ou d'avoir eu une vie antérieure. Sinon ça va...

Supertramp me fait un effet bizarre. Ce groupe me plonge dans une mélancolie profonde, même avec les airs les plus gais.

Supertramp pour moi c'est l'insouciance, la jeunesse, les possibles mais aussi... le temps qui passe...
Je m'estime encore aujourd'hui incapable de réécouter un album entier de Supertramp. Et pourtant je trouve ça très bon.

Natural Youth : Pass the Dutchie (IPC : 2/5 - Date de sortie : Septembre 1982)
10 ans avant NTM, Natural Youth chante "Passe le oinj'" (y'a du monde sur la corde à linge).

A l'époque je ne comprenais pas que ces jeunes enfants de 8-12 ans chantant "Pass the Dutchie on the left hand side" voulaient dire "Passe le joint (the Dutchie veut dire "le petit Hollandais") par la gauche". Je suis pas sûr que ça ait bien vieilli, quoi que.

Ici pas de gangstar rap mais des minis-nabots qui jouent de la mini-guitare ou tapent sur une mini-batterie. Un groupe mineur de mineurs... Je vous avais prévenu : cette histoire de la musique est subjective.

Herbie Hancock : Rockit (album Future Shock) (IPC : 3/5 - Année de sortie : 1983)
Le premier succès commercial rap : Herbie Hancock (légende on ne peut plus jazz) et Bill Laswell (un des précurseurs de l'electro).

Pour la première fois, une platine de disque devenait un instrument à part entière.
Je me souviens d'un spectacle de danse hip-hop organisé avec les cousins-cousines pour les noces d'or de mes grands-parents. Il faudrait que je remette la main sur la vidéo, ça pourrait être assez cocasse...
Je me souviens aussi, toujours les dimanches chez mes grands-parents, de l'émission de Sidney : H.I.P H.O.P.
C'est ensuite le pianiste de Miles Davis puis l'album HeadHunters qui m'ont fait revenir à Herbie Hancock.

Petite devinette pour les érudits rock : connaissez-vous le point commun entre Rockit d'Herbie Hancock et Just Like Heaven des Cure ?
Ces 2 titres ont servi de générique aux Enfants du Rock.

 


Mickael Jackson : Thriller (IPC : 3/5 - Date de sortie : 1er décembre 1982)
Réécoutez Billy Jean. "Mama always told me : be careful who you love" ("Maman m'a toujours dit : Fais gaffe à qui tu aimes"). Tu m'étonnes...

Une tuerie d'album. 104 millions d'albums vendus, le plus gros succès de tous les temps paraît il.
Un album produit par Quincy Jones.
Le Jackson nous a pété son cable depuis pas mal d'années mais difficile d'oublier le mec qui faisait des tours sur lui même déguisé en zombie. Mortel.

TRACKLIST :
Wanna Be Startin' Something / Baby Be Mine / The Girl Is Mine (feat. Paul MacCartney) / Thriller / Beat It / Billie Jean / Human Nature / Pretty Young Thing / The Lady In My Life


Vous serez sans doute d'accord avec moi, il y a mieux que le clip Thriller de Bambi : la version indienne ! COLIMAR-MAR-MAR-MAR-MAR.







 

Les Enfants du Rock (IPC : 4/5)
On est les enfants de la crise pétrolière mais aussi et surtout les Enfants du Rock.

Une émission créée par Lescure où l'on pouvait voir De Caunes, Chabat, Jackie, Bernard Lenoir dans des dégaines punk-rock mal dégrossies. Quand on voit ce qu'on devient...
Ce n'est bien sûr pas un album mais je ne pouvais pas passer à coté des Enfants du Rock dans ce listing tant cette émission à compter dans mon "éducation musicale". J'étais peut être un peu jeune pour tout capté, dommage.
On pourrait comparer Les Enfants du Rock à Trax aujourd'hui mais dans les Enfants du Rock il y avait moins de reportages sur le trash métal musette roumain.



1986 : Noir c'est noir
The Cure : The Head on the Door (IPC : 3/5 - Date de sortie : 13 août 1985)
Bienvenue dans le côté obscur de la force.

C'est bien aussi pour ça d'avoir un grand frère. Pour l'année je ne suis pas sûr mais je sais que c'est mon frère qui m'a fait découvrir Cure, chose qu'il réfuterait peut être aujourd'hui.
C'est bien sûr le Barnum maquillé qui m'a d'abord attiré et les titres les plus pops. Pour la mélancolie complaisante il faudra encore attendre quelques années et quelques boutons d'acnée (très peu malgré tout, pour ma décharge).

TRACKLIST :
Inbetween Days / Kyoto Song / The Blood / Six Different Ways / Push / The Baby Screams / Close to Me / A Night Like This / Screw / Sinking

 


1989 : La cour des grands

Lou Reed : Transformer (IPC : 4/5 - Date de sortie : Novembre 1972)
Années lycées. J'ai besoin de déviant... Et p'is t'façon c'est tous des cons et ils font rien qu'à rien comprendre.

J'avais 14 ans. A cette époque je me souviens avoir changé jusqu'à mon écriture : c'est vous dire si ça bouillonnait. Je faisais mes "a" comme des "3". Du coup ça plaisait pas trop et on me comprenait pas. C'était comme ça pour l'écriture mais aussi pour tout ce que je faisais. Bref, c'est une autre histoire.
C'est par le biais de l'actuel chef de cabinet de Nicolas Sarkozy que j'ai découvert Lou Reed. Ca ne s'invente pas... C'était un vinyl, super pochette, cérémonial religieux pour jouer le disque.
C'est l'album qui a sauvé Lou Reed. Bowie est aux manettes. Que du bon...
J'ai eu tendance à bloquer au début sur Walk on the Wild Side, gros succès et pourtant titre "rugueux" parlant d'une prostituée qui se se prend pour James Dean, d'une nana qui taille des pipes dans un backroom...

TRACKLIST :
Vicious / Andy's chest / Perfect day / Hangin' round / Walk on the wild side / Make up / Satellite of love / Wagon wheel / New york telephone conversation / I'm so free



The Cure : Desintegration (IPC : 5/5 - Date de sortie : 1er mai 1989)
Plus qu'un album : c'est un chagrin d'amour à lui tout seul...

Desintegration c'est de la quintescence de Cure. On y retrouve le Cure des débuts, bien sombre, mais aussi le Cure pop du milieu des années 80.
Desintegration m'a permis un voyage à rebours dans la dicographie des Cure. Je me suis arrêté particulièrement à la trilogie Faith, Pornography, Seventeen Seconds. Après Desintegration, The Cure jouera à faire du Cure sans vraiment trop chercher à faire avancer la machine.

TRACKLIST :
Plainsong / Pictures of You / Closedown / Lovesong / Last Dance / Lullaby / Fascination Street / Prayers for Rain / The Same Deep Water as You / Desintegration / Homesick / Untitled


1990 :
I wear black on the outside,
'cause black is how I feel on the inside

The Smiths, Strangeways here we come (IPC : 4/5 - Date de sortie : 29 septembre 1987)
J'ai écouté cet album, le dernier sorti par les Smiths, en boucle, jusqu'aux vomissements.

Là aussi, c'est le grand frère qui m'a fait découvrir les Smiths (avec l'album Meat is Murder).
L'émission de Lenoir sur Inter que j'écoutais dans mon repère (grenier chez mes parents) a pris le relais.
Les Smiths m'ont initié à la pop indépendante anglaise. Ils m'ont aussi conforté dans ma dégaine de petite frappe romantique peu rassurée par le monde comme il va.

TRACKLIST :
A rush and a push and the land is ours / I Started Something I Couldn't Finish / Death of a disco dancer / Girlfriend in a coma / Stop me if you think you've heard this one before /Last night i dreamt that somebody loved me / Unhappy birthday / Paint a vulgar picture / Death at One's elbow / I won't share you



The Velvet Underground : V.U (IPC : 5/5 - Date de sortie : Février 1985)
La Factory s'étaient mes Feux de l'Amour à moi. Qui couche avec qui ? Qui a trahi qui ? Qui s'est jeté par le fenêtre ? A chacun ses rêves de glamour...

Je retrouve Lou Reed en 1990 avec le Velvet Underground. Le visionnage de Christiane F., droguée, prostituée (Trainspotting allemand de 1981) m'avait fait découvrir le Bowie de Heroes. Je ne connaissai alors que le Bowie cocaïné des années 80 et de Let's Dance... Par le Bowie de ce film et un pote un peu tapé de l'époque j'ai découvert le Velvet.
Ma fascination pour le Velvet allait être sans bornes. Je me suis intéressé à tout l'univers du groupe (Andy Wahrol et sa Factory, dont je connaissais chacun des membres).
J'ai trouvé en V.U un mix entre les chansons plaisantes de The Velvet Underground and Nico (le 1er album) et le grand n'importe quoi de White Light, White Heat. V.U n'est pas vraiment un "album" mais plutôt une "compilation" sortie en 1985 et composée de chutes de studio. Dans Temptation inside your heart par exemple, on les entend se mettre des claques dans la gueule ou annoncer à voix haute le nom du prochain accord. Pas très pro tout ça...

TRACKLIST :
I can't stand it / Stephanie says / She's my best friend / Lisa says / Ocean / Foggy notion / Temptation inside your heart / One of these days / Andy's chest / I'm sticking with you





1991 : Nevermind the bollocks

Nirvana : Nevermind (IPC : 3/5 - Date de sortie : 24 octobre 1991)
Ma génération aura eu son Nevermind the bollocks 14 ans après, sans les bollocks.

Les gueulards n'étaient pas anglais mais américains. Je crois que je n'ai pas écouté en boucle Nevermind, sauf en 1997 à Londres où l'accueil de l'hotel l'a passé en boucle pendant 1 mois (c'était l'Unplugged, pas Nevermind, sorry).
J'étais surtout intéressé je crois par l'attitude de Nirvana, les cheveux sales et l'allure dépouille. La musique ne m'a pas spécialement touché. L'énergie, plus...

TRACKLIST :
Smells like teen spirit / In bloom / Come as you are / Breed / Lithium / Polly / Territorial pissings / Drain you / Lounge act / Stay away / On a plain / Something in the way

 


1994 : Electro statique

Massive Attack : Protection (IPC : 5/5 - Année de sortie : 1994)
Attention : 2ème attaque massive après Blue Lines de 1991 (quelques mois après la fin de notre Vietnam, la guerre du Golfe) et nouvelle révolution musicale.

Un album que je place subjectivement à la même hauteur qu'OK Computer.
1994 c'était ma première année à Lyon autant dire la "liberté". Cette liberté c'était de quitter le cocon familial pour mordre la vie des adultes à pleines dents... Seulement qu'on a l'impression d'avoir les dents toutes niquées rien n'est très facile (très jolie métaphore dentaire). Le son de Protection reste pour moi le son de ce foetus qui se refuse à sortir le bout de son nez.
J'ai été d'ailleurs surpris de découvrir le clip de Teardrop des années après. Il retranscrit cette impression que j'avais à l'écoute de la musique.

Massive Attack reste aussi l'un de mes meilleurs concerts.

TRACKLIST :
Protection / Karmacoma / Three / Weather Storm / Spying Glass / Better Things / Eurochild / Sly / Heat Miser / Light My Fire





Pink Floyd : Dark Side of the Moon (IPC : 4/5 - Date de sortie : 24 mars 1973)

Concert de Pink Floyd à Lyon, appartement de Krinkrin et François à Sans-Soucis...
Souvenirs de virées tout seul dans les bois pour aller chercher des champignons (comestibles).

Une anecdote dispo dans le "En savoir plus ":
"The Great Gig in the Sky est une improvisation de Clare Torry à qui le groupe avait donné comme seules indications avant d'enregistrer : « Pense à la mort, à l'horreur, et chante. » Elle a enregistré rapidement et a présenté ses excuses en sortant car elle pensait avoir mal chanté, alors que les 4 membres du groupe avaient tous trouvé la prestation fantastique."

Le morceau On the Run semble quant à lui parachuté dans l'album comme un anachronisme. Si c'est pas de la techno je m'appelle Haroun Tazieff.

TRACKLIST :
Speak To Me / Breathe In The Air / On The Run / Time / Great Gig In The Sky / Money / Us And Them / Any Colour You Like / Brain Damage / Eclipse




1995 : Mes potes

Ben Harper : Fight for your Mind (IPC : 4/5 - Date de sortie : 15 juillet 1995)
Ben Harper c'est la musique, les copains, le feu de camp...

Un truc qui me fait regretter de pas mieux parler anglais. God Fearing man c'est à la fois l'homme craignant Dieu et Dieu craignant l'homme. Une poésie simple avec plein de sens derrière.
Les vacances, le bateau de captain Piou, la jeunesse insouciante, le bonheur.
Ben Harper est sans doute le seul avec Marvin Gaye et quelques reggae-men (Bob l'Eponge, Alpha Blondy...) a pouvoir chanter le pouvoir de la BIble sans que je me barre en courant. That's the power of Gospel.

TRACKLIST :
Oppression / Ground On Down / Another Lonely Day / Please Me Like You Want To / Gold To Me / Burn On Down / Excuse Me Mr. / People Lead / Fight For Your Mind / . Give A Man A Home / By My Side / Power Of The Gospel / God Fearing Man / One Road To Freedom

Goldie : Timeless (IPC : 3/5 - Année de sortie : 1995)
La musique prend corps. Longtemps cantonné à la musique pour cerveau, je m'ouvre progressivement à la musique qui tape et qui danse.

Un nouveau son : la jungle (aujourd'hui on dit drum'n bass). Découverte d'un son anglais entre le boum-boum et le neurasthénique, en bien boum-boum tout de même (je suis pas clair ???).
Goldie sera l'un des techniciens "Recherche et Développement" de Bjork, un de ses hommes de l'ombre qui ont contribué à créer le phénomène.

TRACKLIST :
Timeless / Saint Angel / State of mind / Sea of tears / Angel / Sensual / Keistry / You & me

Bjork : Debut / Post (IPC : 4/5 - Dates de sorties : 18 novembre 1993 et 31 mai 1995)
L'homme-machine mutant de Kraftwerk s'est transformé en nymphette androïde et femme originelle, et ça c'était nouveau.

Les Sugarcubes étaient venus à mes oreilles 4 ou 5 ans avant. Je crois que j'avais trouvé ça un peu trop barré pour moi. La musique ne m'accrochait pas vraiment (un peu trop 80's, un peu trop "arty") et la chanteuse qui gueule en islandais : bof.
Quelques années, Bjork revient toute seule et là... Ce n'est pas 10 lignes que l'on pourrait écrire mais un bouquin. Post a révolutionné, comme l'ont fait à mes yeux Massive Attack et Radiohead la "pop" des années 90 en détruisant les chapelles Rock, Techno, etc. en créant ce que l'on peut appeler pompeusement un cross-over musical. On appelle ça aujourd'hui de l'électro.

Un vrai univers musical, alimenté par des clips hyper-créatifs (Gondry était notamment de la partie) mêlant technologie et simplicité, sophistication et dépouillement.

TRACKLIST DEBUT :
Human Behaviour / Crying / Venus as a Boy / There's More to Life Than This / Like Someone in Love / Big Time Sensuality / One Day / Aeroplane / Come to Me / Violently Happy / The Anchor Song / Play Dead

TRACKLIST POST :
Army of Me / Hyper-Ballad / The Modern Things / It's Oh So Quiet / Enjoy / You've Been Flirting Again / Isobel / Possibly Maybe / I Miss You / Cover Me / Headphones

1997 : L'Année

Jeff Buckley : Grace (IPC : 4/5 - Date de sortie : 23 août 1994)
"Aimons-nous vivons, n'attendons pas que la mort nous donne du talent"

Là encore je suis loin d'être sûr de l'année. C'était entre 1994 et 1997 mais j'ai choisi 1997 (allez savoir pourquoi...).
Le poète-comique troupier qui répond au nom de François Valery (à ne pas confondre avec le sirupeux mouille-culotte des clubs du troisième âge Frederic François) disait :
"Aimons-nous vivons, n'attendons pas que la mort nous donne du talent".

Je dis "oui". Dans le cas de Jeff Buckley, la mort a offert une oeuvre inachevée, fulgurante et lui a par le fait donné du talent : en un seul et unique album la messe était dite. A l'heure où l'on perdait sa trace je chassais la loute, animal sauvage que je conserve encore aujourd'hui dans mon garde-manger (Jean-Marie Bigard ? C'est toi ?).

Grace a été comme un rappel à l'ordre récurrent qui vous dit qu'on est d'ailleurs (Pierre Bachelet). Jeff Buckley était d'ailleurs, poussière d'ange à la voix d'ange. Un mélange de rock énervé, de lyrisme, d'espoir, d'amour, de rage. Tout est là.

TRACKLIST :
Mojo Pin / Grace / Last Goodbye / Lilac Wine / So Real / Hallelujah / Lover, You Should`ve Come Over / Corpus Christi Carol / Eternal Life / Dream Brother


 

Radiohead : OK Computer (IPC : 5/5 - Date de sortie : 16 juin 1997)
Plus qu'un album : un jus de cerveaux malades et touchés par la grâce...

J'ai un souvenir "vaguement précis" de la première fois où j'ai entendu OK Computer : c'était sur sur un champs, près de Villefranche sur Saone (Arnas). Je ne me rappelle plus trop de l'impression ressentie, c'est étrange. Je crois que je suis tout simplement passé à côté. C'est ce qui fait l'essence pour moi d'un bon album (ou d'un bon morceau) : on passe toujours à côté. Et puis on y retourne 1, 2, 3 fois et là on commence à accrocher.

Quelques autres raisons qui font qu'OK Computer ne connait pas d'égal à mes yeux :

+ Un album qui s'écoute du début à la fin, sans zapper une seule chanson.
+ Un album que l'on "comprend", sans pour autant percevoir le moindre mot (Thom Yorke, tout comme Robert Smith, parle un anglais "martien").
+ Un album qui paraît avoir toujours existé tout en ne ressemblant à aucun autre. Bjork, dans The Modern Things, parle du progrès. Les inventions technologiques ont toujours existées, dans une montagne reculée, attendant leur moment pour surgir dans le monde des hommes. C'est fumeux mais c'est ce que je ressens...
+ Un album où l'on peut découvrir de nouvelles choses, des nouveaux sons à la 1000eme écoute.

Sont-ce les souvenirs magiques que j'ai de cette époque ou les qualités intrinsèques d'OK Computer qui le rendent aussi unique ? Vu la quasi-unanimité de l'opinon je pencherais bien entendu pour la deuxième solution, et ce même si je me méfie de l'unanimité, de l'opinon et de tout terme précédé de "quasi".

Jamais vu en concert (Yorke + Greenwwod mais pas Radiohead au complet). Je crois que l'approche rock et pêchue qu'impose une prestation scénique ne sied pas au Radiohead qui me plaît (= des chercheurs de studio).

TRACKLIST :
Air bag / Paranoid Android / Subterranean homesick alien / Exit music (For a film ) / Let down / Karma police / Fitter happier / Electioneering / Climbing up the walls / No surprises / Lucky / The tourist


1998 : Bohème
Manu Chao : Clandestino (IPC : 3/5 - Date de sortie : Avril 1998)
Album qui nous invite au voyage, en passager clandestin.

C'est l'été à Paris. J'habite Paris depuis 1 an seulement et je déménage (en taxi, avec 2-3 sacs) pour le quartier de Belleville.
Brassage, métissage, radio Latina et Manu Chao.
Il m'arrive un peu moins aujourd'hui de penser que le monde est un grand village et qu'on est tous frères, et ça c'est dommage... A l'époque, Clandestino était certes un album "bobo" (crédibilité punk-rock de Manu Chao + sensibilité gauchiste sud-américaine + mélodies calmes et plaisantes beaucoup plus apaisées que celles de la Mano Negra). Avouons tout de même que c'est quand même nettement mieux que Bénabar (mmmmmhhhhh) ou Cali (mmmmmmmmhhh, toi je t'aime aussi).
Dans la lignée à l'époque il a eu aussi Llhasa.

TRACKLIST :
Clandestino / Desaparecido / Bongo Bong / Je ne t'aime plus / Mentira... / Lagrimas de oro / Mama Call / Luna y sol / Por el suelo / Welcome To Tijuana / Dia Luna... Dia Pena / Malegria / La vie à 2 / Minha Galera / La Despedida / El viento



1999
(Nous rentrons dans les années où les choix se font plus difficiles.
Pas toujours le recul nécessaire pour bien choisir. On tente le coup tout de même...)

Eels : Electro Shock Blues (IPC : 4/5 - Date de sortie : Septembre 1998)
Ce truc c'est un carnet de bord mental, les hauts et les bas d'un mec confronté de près à la mort.

J'aime définitivement beaucoup les "Concepts Albums". L'album a été écrit alors que la mère du chanteur venait d'être emportée par un cancer et que sa soeur venait de se suicider... L'album est pourtant loin d'être glauque. S'écoute de bout en bout.

TRACKLIST :
Elizabeth on the Bathroom Floor / Going to Your Funeral, Pt. 1 / Cancer for the Cure / My Descent into Madness / 3 Speed / Hospital Food / Electro-Shock Blues / Efils' God / Going to Your Funeral, Pt. 2 / Last Stop: This Town / Baby Genius / Climbing to the Moon / Ant Farm / Dead of Winter / Medication Is Wearing Off / P.S. You Rock My World


2000

Gainsbourg : L'Homme à tête de chou (IPC : 4/5 - Année de sortie : 1976)
Cet album aurait pu être écrit par le Rimbaud d'Une Saison en Enfer.

Je ne me souviens pas trop de l'année. C'était peut être avant mais peu importe. La chose principale à dire à propos de cet album c'est que Gainsbourg il est quand même gonflé d'avoir tout piqué à Air (écoutez notamment le son de basse).
Gainsbourg nous y raconte la fin d'une petite shampooineuse, Marylou, disparue sous la neige carbonique d'un extincteur d'incendie.

Petite j'te sors ce soir OK ?
Elle a d'abord un petit rire comme un hoquet,
Puis sous le sirocco du sechoir dans les cheveux,
La petite garce laisse choir, je veux.



TRACKLIST :
L'homme à tête de chou / Chez Max coiffeur pour hommes / Marilou reggae / Transit à Malibu / Flash-Forward / Aéroplanes / Premiers symptômes / Ma lou Marilou / Variations sur Marilou / Meutre à l'extincteur / Marilou sous la neige / Lunatic Asylum

 


2001

Keith Jarret : Köln Concert (IPC : 5/5 - Année de sortie : 1975)
Je me rappelle comment la musique avait envahi la pièce.

Première écoute chez une copine de la loute, Marjorie, en Arles (et non pas "à Arles" sinon on croit que la personne rigole).

Perle de 1975 entièrement improvisée.
Rien à dire ni à redire...

TRACKLIST :
Part I / Part II a / Part II b / Part II c

2002
Marvin Gaye : What's going on ? (IPC : 4/5 - Date de sortie : 21 mai 1971)
Marvin Gaye était pentecotiste, très croyant. What's going on c'est le questionnement d'un homme déchiré entre d'un coté l'amour de l'homme, l'amour du divin, et de l'autre la conscience que le monde se barre en sucette.

Ca ne surprendra personne : c'est un concept album... Un vétéran de la guerre du Vietnam revient au pays et parle de la misère sociale qui y règne. Le Marvin Gaye d'avant, celui qui chantait de la croone sirupeuse, je n'ai jamais trop accroché. Quand ça devient plus glauque, plus pessimiste réaliste, là ça me branche... Une espèce d'OVNI dans le paysage Rhythm and Blues soul et groovy des productions de la Motown.


TRACKLIST :
What's Going On / What's Happening Brother / Flyin' High (In The Friendly Sky) / Save The Children / God Is Love / Mercy Mercy Me (The Ecology) / Right On / Wholy Holy / Inner City Blues (Make Me Wanna Holler)

2003

The Streets: Original Pirate Material (IPC : 4/5 - Date de sortie : 25 mai 2002)
The Streets ou la gnaque dans le desespoir

Une année de chomage je crois.
L'accent "cockney" (prolo de l'est de Londres) du chanteur me rappelle toujours Londres (été 1997) et cet anglais déjanté tout droit sorti de Trainspotting. Hyper speed, il ne vivait que pour la nuit et se balancer des cachetons.
J'ai écouté cet album en boucle en 2005 également, notamment parce qu'il se révèle être un très bon compagnon de métro. Pêchu et bizarre comme la vie urbaine (Richard Bohringer, sort immédiatement de ce corps). J'ai beaucoup écouté Original Pirate Material en revenant du boulot. Un exécutoire pour toutes les frustrations et les non-dits de la journée.

Les anglais ont le quasi monopole de la bonne pop indépendante. On connait en revanche moins le rap qui vient de là-bas, inondé que l'on est par le rap US. Avec The Streets, c'est un autre côté de la musique populaire anglaise que je découvrais, notamment le 2step / Garage (rythme "club" démocratisé et vulgarisé par Artfull Dodger ou Craig David).

Comme la plupart des disques qui ont "changé ma vie", Original Pirate Material ne souffre aucune étiquette. Rap, 2Step, reggae, rock s'y mêlent, se croisent mais ça s'arrête là.

TRACKLIST :
Turn The Page / Has It Come To This? / Let's Push Things Forward / Sharp Darts / Same Old Thing / Geezers Need Excitement / It's Too Late / Too Much Brandy / Don't Mug Yourself / Who Got The Funk? / Irony Of It All / Weak Become Heroes / Who Dares Wins / Stay Positive


2006

Gonzales : Solo Piano (IPC : 3/5 - Date de sortie : 14 septembre 2004)
Gonzales et Keith Jarrett : voilà comment je veux jouer du piano.

A Poitiers, maison ("bizarre") de Jean Luc. Le Jean-Luc est DJ Korto le week-end, Jean-Luc tout court la semaine. Son truc c'est plutôt l'electro pointue qui fait bouger, la salsa, la blaxploitation et les raretés incroyables des années 60's. Il passe ça un matin et la "simplicité virtose" de Gonzales me parle direct. Chopin, Eric Satie sont de la partie.
Je découvrirai par la suite Feist (produit par Gonzales) et PuppetMastaz (groupe de rap qui n'est pas sans rappeler Gorillaz, avec des poupées remplaçant les anims 3D).

TRACKLIST /
Gogol / Manifesto / Overnight / Bermuda Triangle / Dot / Armellodie / Carnivalse / Mesicheid / Paristocrats / Gentle threat / The Tourist / Salon saloon / Oregano / Basmati / C.M. Blues / One note at a time





Mais aussi, dans un vrac joyeux et non exhaustif...


U2 : Bad (live Rattle and Hum)
C'est un peu con mais U2, comme Depech Mode, reste trop lié à des conneries d'adolescent trop timide... Et puis il y a un coté minet... vite oublié par le charisme pop-star de la Boniche, qui a délaissé les bretelles depuis ce concert (ce qui est tout à son honneur).



Toujours dans Rattle and Hum, version gospel à tomber de Still Haven't found...




Tricky :
Un concert vraiment très bon à la Mutualité, hypnotique.
Un vrai subversif barré c'est assez rare, les majors en produisent peu. Les rythmes ne tiennent pas droit et il l'explique (très bien) à des mômes à qui il donne un "cours" de musique dans le très bon documentaire Naked Famous. "Si tu suis le bip du métronome c'est pas intéressant"...


Aphex Twin : Windowlicker

Encore un vrai malade. Encore de la musique sans métronome.
Concernant le clip, il choquera à coup sûr les oreilles sensibles, les âmes sensibles comme des oreilles et au sens large toute personne normalement constituée.
Pour la musique, c'est après 4 minutes de "Mother fucker niger bitch". Ne pas louper l'arrivée du grand mongole.
Trip onaniste, auto-érotisme malsain 10000 fois plus subversif qu'un bon vieux boulard. Le diable incarné.



Et si vos oreilles ont tenu le coup, il y a la version "nique la vieille" avec "Come to Daddy" et toujours Chris Cunnigham à la réalisation : c'est ici. Ici, les doubles érotiques sont remplacés par des "mini-me" fouteurs de merde. La figure christique de la fin est à gerber. Marylin Manson doit apprécier.


Bright Eyes :
Mais terminons par une note épurée et légère : c'est Bright Eyes, ou Robert Smith avec une guitare folk. Du très bon. Tiens, j'avais oublié de dire aussi que j'aime la folk toute simple de Neil Young ou de groupes plus récents comme Grant Lee Buffalo, Turin Brakes, I AM KLOOT ou Matt Elliott.
Le clip colle bien avec la musique : une simplicité efficace et à pleurer.










Gorillaz : Demon Days
Ecoutage en boucle, claque graphique, super concept graphico-musical, univers à part entière, tout ce qu'il faut. Demon Days est passé à deux doigts de l'album culte. Pourquoi ? Je crois que je n'aime définitivement que le chiant introspectif. Je pense qu'il y a de ça.



Jeff Mills :
J'ai toujours été incapable d'écouter un album en entier. Et pourtant Jeff Mills m'a changé ma vie (une rave en mars 1997 à Albertville est mon dernier contact plus ou moins terrien avec l'animal). Grosse influence aussi de son ciné-mix sur le Metropolis de Fritz Lang (j'ai tenté le coup sur le Nosferatu de Murnau, sans grand succès...)..
Regardez jouer le petit excité : il ne passe pas des disques, il compose. Admirez le travail... Talent et humitité, la classe.



La techno de Chicago et de Détroit :
Check this out. Un doc très bien de la chaîne Histoire sur les sources de la techno, musique purement inspirée du disco américain et de l'électro européenne (allemande).




Et comme vous avez été gentil(le)s et avez tout lu jusqu'au bon, la totale en bonus :

Origines et racines (1)
Origines et racines (2)
L'Age d'Or (1)
L'Age d'Or (2)
Le temps des raves (1)
Le temps des raves (2)
La grande répression (1)
La grande répression (2)
L'Age de raison (1)
L'Age de raison (2)



DJ Shadow :
Suivez DJ Shadow dans la cave de son disquaire préféré. Des piles à perte de vue, les "incroyables archives de l'Histoire de la Musique". De quoi composer de belles mélodies hip hop qui tapent et qui font des films dans la tête.



A suivre...


BLOGATOFF
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